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Il l’a dit et il l’a fait. Au moins, les choses sont claires. Donald Trump vient de déclarer la guerre
commerciale au reste du monde en augmentant vertigineusement les droits de douanes pour de pays bien
ciblés et à des taux différents.
Depuis son retour à la Maison Blanche, Donald Trump multiplie les « provocations ». Ses annonces
redoutées font trembler le gotha mondial habitué à faire la pluie et le beau temps. Le Centre de la Terre a
son siège désormais à Washington. Et c’est tout naturellement que les décisions se prennent dans le
bureau ovale réputé pour son opacité.
Tout le monde en prend pour son grade : la Grande Europe, alliée naturelle et sans faille de Washington, la
Chine, l’Inde, le Japon, le Canada, pour ne citer que ceux-là. Un véritable tremblement de terre. Personne
n’est épargné. Le multilatéralisme en prend pour son grade. C’est la fin des privilèges et des relations
entre les grands argentiers du monde.
Pour survivre à la « modeste colère » de Donald Trump, le monde libre doit revoir son fonctionnement.
Plus aucun privilège pour les « prétendus amis ou mauvais élèves ».
Ce dysfonctionnement n’est pourtant pas nouveau. Les pays pauvres sont soumis depuis la fameux traité
de Yalta à cette maltraitance qui a vu l’Afrique dépecée tel un bœuf. Chacun des participants à cette
conférence de la honte se servant à sa guise. L’Afrique, parent pauvre de l’humanité est sous perfusion
depuis l’esclavage systémique mise en place et qui a donné naissance à une forme de gouvernance des
états fabriqués à la sauvette pour des indépendances étriquées.
Après les indépendances, la « pauvre Afrique » a signé des contrats léonins et des accords de coopération
avec ses anciens maîtres qui n’ont jamais quitté les lieux. Elle paie toujours un lourd tribut pour des
relations incestueuses qui ne lui permettent aucune possibilité de développement.
C’est dans cet engrenage vicieux et malsain que Donald Trump veut embrigader le monde occidental. Ce
dernier, fort de son passé colonial et esclavagiste notoire ne saurait brader sa souveraineté. Il compte
s’organiser. Mais les défections sont d’ores et déjà nombreuses. S’il est vrai que l’union fait la force, il
n’en demeure pas moins vrai que des sons de cloches de la division retentissent déjà. C’est le cas de
Victor Orban, le président hongrois qui est prêt à rouler tout seul. Ces dissensions au sein de l’Union
européenne sonneront le glas d’une union fragilisée par la peur de l’oncle Tom.
Et qu’en est-il de l’Afrique ? Elle ne peut prendre position. Elle est anémiée depuis l’esclavage jusqu’à la
néo-colonisation par ses maîtres qui continuent à la piller sans vergogne. L’imposture de l’impérialisme
frappe les anciens colonialistes et ouvre la voie à de nouvelles relations.
Donald Trump a dégainé. Il sait qu’il est fort et qu’il peut dicter sa loi. Mais cette fois-ci, les coqs à
déplumer ne sont plus seulement les pays pauvres.
L’ordre mondial va basculer. Certes, il y aura des aménagements pour ceux qui choisiront la voie de la
soumission. Mais cette voie ne serait-elle pas celle qu’emprunte les dirigeants africains qui ont toujours
choisi de se taire pour s’éterniser au pouvoir ?
Dans ce trouble qui s’annonce, la voix de Victor Orban vient, une fois de plus, bousculer l’ordre mondial.
Il a déclaré de quitter la CPI (Cour Pénale Internationale). Pour surprendre ses partenaires, il a accueilli,
sans sourciller, Netanyahu visé par une plainte pour crimes contre l’humanité sur les massacres de Gaza.
Ce n’est pas un précédent. Mais il faut avouer que ce n’est pas non plus un bon signe pour ce Tribunal
arbitraire dont les principales victimes sont les dirigeants africains.
Les temps changent. L’ordre mondial s’y prête bien. Et si nous nous dirigions vers un nouveau monde où
la Russie, la Chine, l’Inde et le Brésil auraient leur mot à dire ? Et si Donald Trump que l’on taxe
d’imprévisible bousculait le monde pour rabattre les cartes ?

Par Michel Lobé Etamé

Journaliste indépendant, essayiste.

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