(texte)

A peine la Chine a signé un minable contrat minier d’exploitation de fer avec le Cameroun que le lendemain ce sont les politiciens camerounais qui montent au créneau pour donner des garanties de soumission à la France en traitant la Chine d’escroquerie.

Voilà la Bolivie qui vient de se comporter exactement comme il faut faire avec la Chine :

Règle n.1 : Ne pas prendre la Chine pour un supermarché où on n’y va que pour chercher l’argent devant servir à financer nos noces avec les pays colonisateurs d’Europe, la France ou le Royaume Uni.

Règle n.2 : La Chine n’a aucun besoin vital des minerais africains.

Règle n.3 : l’exploitation des mines de fer ne sera rentable en Afrique comme partout ailleurs dans le monde que si au préalable, on maîtrise la production d’énergie et avoir un coût d’énergie aussi bas, pour rentabiliser la transformation du fer en acier sur place.

Règle n.4 : Il faut arrêter de croire qu’on va développer l’Afrique en allant chercher des investisseurs étrangers pour l’exploitation des mines africaines destinées ensuite à l’exportation. l’Afrique comme tous les continents, a besoin de ses propres ressources pour son développement immobilier dans le cas de l’acier, mais aussi industriel, dans le cas de la chimie.

Règle n.5 : Il ne faut aller prioritairement en Chine demander de l’aide financière que pour des projets que la même Chine doit contribuer à rendre rentable.

La Bolivie a coché toutes ces 5 cases.

Et hier, elle a signé un accord avec la Chine pour exploiter une mine de fer avec 40 milliards de tonnes de réserves et qui attendait depuis 70 ans, le financement.

Ici la nouveauté est que contrairement aux pays africains, la Bolivie a concédé 72% du projet à la Chine, mais là n’est pas le plus important. C’est une entreprise publique bolivienne qui est au coeur du partenariat qui vise non pas à extraire le fer, mais a travers 7 usines a transformer en acier et limiter de 50% dès la première année, les importations d’acier pour les constructions dans le pays.

Là où se situe le vrai gain pour le pays, n’est pas dans les 28% qui est un montant insignifiant, mais dans la dynamique industrielle qui va se mettre sur pied depuis la production en grande quantité d’énergie électrique, jusqu’à la fabrication des voitures.

75% d’un véhicule est fait d’acier.

Mais observez que pour y arriver, les dirigeants Boliviens ont passé des années à flatter la Chine, jusqu’à adhérer à l’initiative d’une Route un Ceinture du président Xi Jinping, contrairement aux Africains qui croient par erreur aux balivernes des colonisateurs européens, que l’Afrique serait le seul endroit au monde avec les minerais que le monde entier qui envierait.

70 ans après la découverte de la gigantesque mine de fer, la Bolivie entre dans la cour des grands pays possédant l’industrie lourde, la Fonderie qui est la principale base de toute industrialisation en profondeur.

Et l’Afrique dans tout ça ?

La Bolivie compte utiliser une partie de l’acier produit avec SinoSteel, et vous croyez que l’excédent ira où ? En Afrique bien sûr.

En Afrique, les dirigeants en sont encore réduits à multiplier les codes miniers, comme si ce sont les écrits de droit, ou les textes juridiques aussi beaux soient-ils, qui vont replacer les cerveaux des humains, dans un monde régi par la Guerre Économique dans tous les secteurs d’activités lucratives.

Jean-Paul Pougala

Mardi le 25 février 2025

Related Posts

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.